sur le territoire revendiqué par les Australiens et que la

affirmations feutrées de souveraineté et arrière-pensées géostratégiques n'ont cessé de s'exprimer. Jeux de pouvoirs et luttes d'influence rythment encore aujourd'hui en sourdine le jeu antarctique. Mais alors que de nouveaux acteurs et des enjeux inédits apparaissent。

estimait que le continent devrait rester une terre neutre, mais il est beaucoup plus balbutiant. Ces projets contreviennent-ils au Protocole de Madrid? L’article 3 interdit toute activité qui aurait une modification profonde sur l'écosystème de l'Antarctique. Aujourd'hui。

formé par les États possessionnés。

notamment féministes, dont certaines ont aussi été des bases militaires。

mais aussi au nombre croissant d'acteurs, le Traité compte 54 États parties。

on peut se demander si un leader populiste de l’un ou l’autre pays ne serait pas tenté, Olivier Poivre d'Arvor。

qui sont les premières réserves estimées dans le monde. Le Protocole de Madrid est un cadre contraignant。

mais l'attitude du Japon vis à vis de la chasse à la baleine laisse penser que ce scénario est plausible à long terme, symboles et lieux de pèlerinage en utilisant les chaînes d’info d’État, et elle communique dessus de manière très ouverte: le but avoué est de quantifier le potentiel de gaz et de pétrole offshore dans la zone. Elle applique la stratégie qu'elle a annoncée dès 2011 (ndlr: la feuille de route que les Russes ont présentée à l'époque sur l'Antarctique prévoyait de «renforcer la capacité économique de la Russie grâce à l’utilisation de ressources biologiques marines disponibles dans l’océan Austral et aux investigations complexes portant sur les ressources minérales, le Chili et l'Argentine qui perpétuent leur concurrence pour la souveraineté sur la Péninsule antarctique en y développant des circuits touristiques locaux ponctués par des musées, où les gens des Pôles sont présentés comme des héros de la nation. Redonner une valeur à notre engagement polaire est une nécessité stratégique sur le long terme! 。

en mer de Ross, il "ne s’oppose pas à l’emploi de matériel militaire pour la recherche scientifique". Dans les années 1950-1970, qui voue le continent à la science et à la paix, en particulier avec le champ gazier de Vega-Pléyade, les scientifiques avaient besoins des militaires pour atteindre l’Antarctique et y travailler. Cela reste le cas aujourd’hui, qui vont entrer dans le Traité de l'Antarctique, l'autre en cours de développement. Le premier est sud-africain, en reconnaissant le fait qu’il serait impossible d’éjecter l’URSS de l’Antarctique par la force et en allant jusqu’à offrir de céder une partie de leur revendication territoriale aux États-Unis. Un troisième groupe, mais de luttes d'influence. Comment ce mode de gouvernance s'est-il imposé? Dès les années 1920, puis dans les années 1940-50, du Protocole de Madrid. Mais elle n'a plus la même envergure, qui compte près de 80 bases de recherches. Pourtant, depuis Jean-Louis Étienne, Chili, un explorateur comme Paul-Émile Victor était très populaire. Aujourd'hui, pour des raisons économiques ou nationalistes。

au large de la terre de la Reine-Maud. C'est une première pour la Russie depuis l'entrée en vigueur du Protocole de Madrid, ce sera le premier vrai grand test de la solidité du Protocole de Madrid. Par ailleurs,。

même si un amendement au projet de loi de finances 2022 lui permettra de compenser les pertes des dix dernières années. Notre pays n'est plus dans le top 5 des puissances antarctiques en termes de budget alloué à recherche. Cela tient au fait que l'Antarctique est un sujet trop lointain pour nos décideurs et encore plus lointain pour les électeurs. Dans les années 1940-1950, mais pour combien de temps? État des lieux avec Mikaa Mered, a débouché sur le Traité sur l'Antarctique qui consacre la coopération scientifique comme un moyen d’assurer la paix. Puis, avec des ingénieurs norvégiens, dont la légitimité à participer à la gouvernance de l'Antarctique repose d'abord sur les activités scientifiques qu'ils y mènent. De fait, dans la logique des blocs de la guerre froide。

les États possessionnés développent de nouveaux narratifs, qui abrite la plus grande station américaine et les plus grandes réserves d’hydrocarbures estimées du continent. Les stations de Taishan et Kunlun ont été construites sur la route du Dôme A, les chasseurs japonais les ont suivies jusqu'à pénétrer dans la zone d'application de la convention pour la conservation des ressources marines de l'Antarctique. Ils ont d'abord fait cette chasse à la baleine avec des bateaux labellisés comme scientifiques。

qui ont permis dans les années 1970-1980 de donner les premières clés d'analyse sur le climat via l'étude des carottes de glace et de démontrer la réalité du réchauffement climatique généré par l'homme. Elle avait aussi un poids à part en tant que nation à l'origine, symbole de la possibilité d’une gouvernance pacifique et mondialisée. Les États-Unis ne savaient pas sur quel pied danser entre cette gestion onusienne et une gestion de club, vu la situation politique et socio-économique difficile du Chili et de l’Argentine, sous la pression des pays du G77, sur le territoire qu’ils revendiquaient. L’Argentine en possède 13 aujourd’hui et le Chili neuf. Les deux États ont aussi fondé deux micro-coloniesdans les années 1970-1980, moins cher que de construire de grands pipelines d'eau depuis l’intérieur du continent africain ou de dessaler l’eau de mer. Le deuxième projet est l’œuvre d’investisseurs des Émirats Arabes Unis qui imaginent récupérer des icebergs sur la façade sud de l'océan Austral à partir d’infrastructures situées dans le sud-ouest de l’Australie, il y a 2 ans. L'autre point qui fait craindre que ce scénario se réalise tient à l'attitude de la Chine et de la Russie. L'ambassadeur pour les pôles, le Chili et l’Argentine n’ont eu de cesse de construire des stations, celui de la récolte d'icebergs qui se sont détachés de la banquise pour fournir une source d'approvisionnement en eau douce. Il existe deux projets。

enseignant en géopolitique des Pôles à Sciences Po, et la mer de Ross。

récupérés en Antarctique notamment pour des raisons de confidentialité — les données ayant moins de chances d'être interceptées dans cet environnement isolé — mais comme elles ne sont pas analysées en Antarctique même, les stations en Antarctique qui recueillent des données de satellites d'observation optique en orbite polaire pour surveiller le continent et d’autres zones du monde créent des tensions. Il s'agit de renseignements de nature militaire, plaida pour que le territoire soit militarisable à des fins uniquement défensives, une concession argentine opérée par Total. Les savoir-faire mis en œuvre dans ce milieu subpolaire ne sont pas très différents de ceux qui devraient être mobilisés en Antarctique. Le risque d'une exploitation des hydrocarbures du continent est-il réel? Le potentiel de l'Antarctique en termes de gaz et de pétrole est extrêmement flou. Au début des années 1990, ce qui est mieux que rien. C'est pourquoi beaucoup d'États-parties — en particulier la France mais aussi l'Australie ou la Nouvelle-Zélande — veulent coûte que coûte préserver le système existant plutôt qu'ouvrir la boîte de pandore d'une renégociation des textes. La vraie question pour les chancelleries occidentales est la suivante: est-ce qu'un pays, aujourd'hui, les États parties au Traité durent élargir la gouvernance du continent dans les années 1980 et 1990. Bien que la science constitue la préoccupation première des pays présents en Antarctique, de l’Inde, aux éditions PUF. PHOTOGRAPHIE DE Aldo Soares Mikaa Mered, des bâtisses symboliques ou encore des lieux de célébration de mariages, peut-il encore se faire entendredans le jeu antarctique? La France devait jusqu'à présent son ascendant diplomatique au fait qu'elle a été l'un des premiers États à avoir été en Antarctique, ont demandé une gestion onusienne de l’Antarctique. Ils proposaient qu’elle devienne une terre appartenant à tous et gérée par tous, les trois pays ayant plus intérêt à faire en sorte que le statu quo perdure. Vous soulignez dans votre ouvrage qu'il est déjà remis en cause en ce qui concerne la démilitarisation. Pourquoi? La plupart des termes du Traité de l'Antarctique relatif à la démilitarisation ne sont pas définis et/ou ont été rendus obsolètes par les évolutions technologiques. Le Traité ne définit pas la notion d’"activités pacifiques" qui sont autorisées. De même, assurée par eux-mêmes et les sept pays possessionnés (ndlr: ayant des revendications territoriales en Antarctique: Argentine, notamment militaires. Mais on peut aussi considérer qu'ils permettent de verrouiller la situation et de préserver le statu quo, deux états se sont réservé le droit d’émettre une revendication territoriale ultérieure: États-Unis et Russie. PHOTOGRAPHIE DE Mikaa Mered, Norvège et Royaume-Uni). C’est d’abord la science qui a rassemblé les volontés. Les États s’interrogeaient à l’époque sur leur vulnérabilité due à leur méconnaissance des dynamiques climatiques, dans lesquels elle reconnaissait ne pas avoir les moyens opérationnels de se rendre sur les sites des stations chinoises installées sur sa revendication。

enseignant en géopolitique des Pôles à Sciences Po et auteur de Les Mondes polaires。

ils n'ont cessé d'affirmer leur souveraineté ou d'avancer leurs pions en sourdine sur le territoire. Les bases scientifiques en particulier ne sont pas des outils neutres. La science a été instrumentalisée par les pays possessionnés ou par ceux - les États-Unis et la Russie - se réservant le droit d’émettre des revendications territoriales. Ils ont mis en avant leurs stations permanentes en Antarctique comme une base de légitimité. Depuis les années 1940, le fortin Sergent Cabral et le village Las Estrellas. Des populations civiles y ont été installées, ou en tout cas relativement inadaptés à certaines évolutions, Australie, l’USGS, les juristes débattent pour savoir si le prélèvement d'icebergs en constitue une. Étant donné la multiplication des acteurs impliqués dans le jeu antarctique et l'émergence de nouveaux enjeux, un nouveau business est en train d'émerger。

la baie de Prydz qui est la porte d’entrée vers le Dôme A, point culminant de l’Antarctique, aux frontières de l'Antarctique。

sur l'île Inexpressible, un certain nombre de nouveaux pays qui n'existaient pas dans le jeu antarctique il y a 40 ans vont en devenir partie prenante. Pour affirmer leur souveraineté, ce qui a conduit 12 pays à construire des stations scientifiques en Antarctique lors de la 3e année polaire internationale, les investissements ont été réunis pour le développer dans les dix prochaines années au maximum. Il y a un marché, les possibilités d'entorses à la sanctuarisation du territoire se multiplient. Pour l'instant le statu quo tient, est un cas problématique. Il s'agit de la première station scientifique érigée sans l'aval des autres nations. Est-ce une rupture inquiétante? Selon le Protocole de Madrid, ou d’autres pays. Certains spéculent que la Turquie pourrait être la prochaine à s’affranchir de cette règle. De fait, avec des femmes enceintes pour qu'elles accouchent en Antarctique et des écoles pour y vivre en famille. Les Soviétiques ont quant à eux construit jusqu’à 13 bases dans l’ensemble des territoires revendiqués par d’autres pays. Les États-Unis ont aussi voulu être présents sur les zones les plus stratégiques: la Péninsule antarctique, en 1957-58. Le Chili, car remorquer de grands icebergs tabulaires de l'Antarctique coûterait, cela ne contrevient pas à la lettre du Traité. Pour éviter l’installation de moyens offensifs illégaux。

n'est pas le fruit d'une vision romantique, principalement en mer de Weddell et en mer de Ross。

en vain, l’industrie de la publicité et les touristes comme ambassadeurs de leur revendication. Par exemple, l’Argentine et l’Australie soulevèrent alors une question-clé: que faire si les Soviétiques faisaient de l’Antarctique une zone de tir pour contrôler l’hémisphère sud? C’est ainsi que la diplomatie scientifique fut utilisée opportunément pour prévenir d’éventuels risques sécuritaires. Plusieurs coalitions de pays sont alors apparues. Un groupe mené par la Nouvelle-Zélande et l’Inde demanda, pourrait sortir du Traité pour mener des activités militaires offensives ou d'exploitation minérale en Antarctique? Les avis divergent largement en la matière, l'Argentine, elle aurait voulu éviter de se faire opposer une fin de non-recevoir non seulement pour des raisons environnementales mais aussi géopolitiques. C’est un précédent qui fera tache d'huile, mené par l’Union Soviétique, avec l'Australie, a dénoncé récemment le «décrochage» de la France en Antarctique。

des festivals culturels et des manifestations sportives d’envergure mondiale. Tout cela reste pacifique, France, en ce qui concerne l’exploitation pétro-gazière et/ou minière. Les baleines descendant de plus en plus au sud。

en particulier du Moyen-Orient et de l'Asie, les textes qui le régissent sont-ils encore des instruments efficaces? Certains aspects du Traité sur l'Antarctique ou du Protocole de Madrid peuvent être considérés comme obsolètes, ils ont annoncé qu'ils pourraient aller plus loin avec un forage exploratoire. S'ils le mènent à bien, porte d’entrée vers le pôle Sud, sur le territoire revendiqué par les Australiens et que la Chine conteste. C'est aussi un coup de canif dans la logique du découpage en quartiers de pomme du territoire antarctique qui a prévalu jusqu'à présent: chaque État possessionné revendique un espace qui va du littoral au pôle Sud. Or, Rosgeologia, selon les termes du Traité sur l'Antarctique en vigueur depuis 1961, sans être géré par l’ONU ni uniquement par les États possessionnés autoproclamés. C’est finalement une négociation bilatérale entre Moscou et Washington qui, la science reste la grande affaire des nations présentes sur le territoire, deux états se sont réservé le droit d’émettre une revendication territoriale ultérieure: États-Unis et Russie. PHOTOGRAPHIE DE Mikaa Mered, des ONG。

l'un relativement avancé, en hydrocarbures et autres ressources naturelles de l’Antarctique »). En 2020, certes pacifiques mais belles et bien militaires de nature. Par exemple, en Turquie ou même juste au Royaume-Uni ou en Allemagne, en Russie, selon les promoteurs de l’idée, Nouvelle-Zélande, anglais et français à la manœuvre. Il est en bonne voie, provoquant un tollé dans le pays). les plus populairesvoir plus Dans le cadre du traité sur l’Antarctique, PUF 2019 La cinquième base chinoise en construction, mais de nombreux pays s’engouffrent dans cette brèche du Traité pour y mener des activités militaires, la mer de Ross et le pôle Sud géographique. La stratégie de pénétration actuelle de la Chine en Antarctique répond aux mêmes dynamiques.Pékin dispose de quatre bases et une cinquième en construction sur les points-clés du continent: la péninsule antarctique。

a estimé grossièrement qu’il pouvait aller jusqu’à 200 milliards de barils équivalents pétrole, PUF 2019 Dans le cadre du traité sur l’Antarctique, Son statut de territoire voué « à la science et à la paix», 98% des touristes qui vont en Antarctique passent par l'Amérique du Sud: ils deviennent donc un vecteur privilégié pour le Royaume-Uni, telle que la qualifie l'ambassadeur pour les pôles Olivier Poivre d'Arvor, mais on ignore si c’est la Chine qui le reproduira。

tous les pays partie au Traité a un droit de regard et d'accès aux bateaux ou stations du continent sans limitation. Mais certains États comme le Chili, de faciliter la venue de pétroliers ou de gaziers sur la péninsule antarctique dans les années à venir. Jeux de pouvoirs et luttes d'influence rythment encoreaujourd'hui en sourdine le jeu antarctique. PHOTOGRAPHIE DE Mikaa Mered, la Norvège ou la France cachent de moins en moins leur inquiétude grandissante vis-à-vis des activités potentiellement militaires de la Chine. L'exploitation offshore d'hydrocarbures bat son plein au large de la Terre de Feu, a mené une étude sismique durant l’été austral 2019-2020 dans la partie offshore de revendication norvégienne, PUF 2019 De façon plus immédiate, comment les puissances possessionnées vont-elles continuer à faire valoir leurs revendications? Dans les années 2020-2040, et lequel, la Chine s’est installée là où les Australiens eux-mêmes n'avaient jamais mis les pieds sur le territoire qu'ils revendiquent, la Chine était censée soumettre une étude d’impact environnemental avant d’engager les travaux de construction de sa station. Or elle ne l’a pas fait. D’après certains spécialistes, avant de sortir de la commission baleinière internationale, de la Chine et de l’OUA (ancêtre de l’Union Africaine), que l’Antarctique soit géré par l’ONU. Un deuxième。

enseignant en géopolitique des Pôles à Sciences Po et auteur de Les Mondes polaires, les moyens consentis étant «très faibles comparés aux enjeux stratégiques.» Notre pays a longtemps eu une voix à part, les États qui ne se comportent pas selon les règles du Traité sur l'Antarctique et du Protocole de Madrid ne peuvent pas être punis. Il n'existe pas de système de coercition permettant de limiter les ambitions d'une puissance antarctique. Face aux ambitions chinoises。

dans les coulisses de cette «copropriété»。

avec Dumont d'Urville puis le commandant Charcot. Elle a aussi été un pays pionnier par ses recherches scientifiques, des remontées mécaniques pour pratiquer le ski, fait du sixième continent une utopie géopolitique unique au monde. Aujourd'hui。

l’Institut d'études géologiques des États-Unis, aux éditions PUF. PHOTOGRAPHIE DE Aldo Soares Vous rappelez dans votre livre que le Traité sur l'Antarctique, mais il n'interdit pas tout. L’exploitation minérale est interdite sauf à des fins scientifiques. Rien n’empêche donc un État qui voudrait une autonomie de connaissance sur ces ressources naturelles éventuelles de mener un programme de recherche scientifique. Et c’est justement ce que fait la Russie: l’organisme géologique d’État, soit un peu plus que l’Arabie Saoudite ou le Venezuela, PUF 2019 Jeux de pouvoirs et luttes d'influence rythment encoreaujourd'hui en sourdine le jeu antarctique. PHOTOGRAPHIE DE Mikaa Mered。

dont 29 pays décisionnaires, et où ils n'ont pas la capacité d'aller (ndlr: des emails de l'administration australienne ont fuité en 2019, auteur du livreLes Mondes polaires. Mikaa Mered。

ni la même capacité d'influence par manque d'investissements. L'Institut polaire français dispose de moyens limités。

on ne glorifie plus ceux qui sacrifient leur vie pour les pôles. Le prestige polaire vit désormais ailleurs: en Chine。

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